Les Projects dans Claude servent à créer des environnements de travail autonomes, organisés autour d’un sujet, d’un client, d’un workflow ou d’un objectif récurrent. Chaque Project dispose de son propre historique de conversations, de sa base de connaissances, de ses instructions personnalisées et de paramètres adaptés au contexte de travail.
L’intérêt principal est d’éviter de recommencer à chaque conversation : les fichiers, consignes, modèles, exigences de ton et informations de référence peuvent être centralisés une fois, puis réutilisés dans toutes les conversations du Project.
Un Project devient pertinent dès qu’un travail dépasse la question ponctuelle. Il convient aux tâches récurrentes, aux productions qui doivent rester cohérentes, aux contenus qui s’appuient sur les mêmes documents, ou aux équipes qui doivent travailler à partir d’une base commune.
Un espace dédié pour éviter la dispersion
Un Project fonctionne comme un espace séparé pour un flux de travail précis. Il réunit les conversations, les fichiers utiles, les instructions et les paramètres associés à un même sujet. Cette séparation permet de ne pas mélanger des contextes différents et de conserver une continuité dans le travail.
L’usage devient particulièrement utile lorsque les mêmes documents doivent être mobilisés plusieurs fois : notes de réunion, résultats d’enquête, rapports, données historiques, guides de marque, modèles, spécifications techniques ou exemples de productions à imiter. Ces éléments peuvent être placés dans la base de connaissances du Project afin que Claude puisse les utiliser dans les conversations du même espace.
Cette logique répond à un problème simple : sans Project, il faut réexpliquer le contexte, réimporter les fichiers et redéfinir les attentes à chaque nouvelle demande. Avec un Project, les informations stables restent disponibles, ce qui favorise des réponses plus cohérentes avec le vocabulaire, les objectifs et l’arrière-plan du travail.
Les instructions : programmer le comportement attendu
Les instructions définissent la manière dont Claude doit répondre dans un Project. Elles peuvent préciser le ton, le niveau d’expertise, le style de réponse, les objectifs attendus ou la perspective à adopter. Elles s’appliquent à toutes les conversations du Project et fonctionnent avec les préférences utilisateur et le style sélectionné.
De bonnes instructions peuvent inclure quatre dimensions :
- le contexte du travail ;
- le processus à suivre ;
- les préférences de ton et de style ;
- les exigences spécifiques à respecter.
Un exemple possible consiste à indiquer qu’un Project sert à créer du contenu marketing pour un produit logiciel B2B, puis à demander de commencer par une structure de blog adaptée à l’audience, d’utiliser un ton professionnel mais conversationnel, d’éviter le jargon si possible et d’ajouter systématiquement un appel à l’action à la fin des contenus marketing.
Les instructions peuvent aussi servir à automatiser un workflow. Par exemple : lorsqu’une transcription de réunion est ajoutée, Claude peut recevoir comme règle de produire une synthèse structurée selon un modèle défini. Dans ce cas, les instructions deviennent une façon de cadrer la répétition d’une tâche.
La base de connaissances : centraliser les fichiers réutilisables
La base de connaissances regroupe les fichiers que Claude doit pouvoir consulter dans les conversations du Project. Elle peut contenir des PDF, DOCX, CSV, TXT, HTML, ainsi que des documents reliés via Google Drive.
Les fichiers à intégrer sont ceux qui structurent durablement le travail : guides de marque, guides de style, modèles, rapports de recherche, notes de réunion, documents d’exigences, exemples à reproduire, documentation technique ou spécifications.
Le nommage des fichiers est un point opérationnel important. Un nom descriptif aide Claude à comprendre et retrouver les bonnes informations. Un fichier nommé Q4-2024-Brand-Guidelines.pdf est plus utile qu’un fichier nommé document1.pdf, car le nom lui-même apporte du contexte.
Il faut distinguer les fichiers ajoutés à la base de connaissances et ceux transmis seulement dans une conversation. Un contenu peut être utilisé ponctuellement sans être ajouté au Project ; dans ce cas, il reste séparé de la base de connaissances et ne l’encombre pas.
La montée en capacité avec le RAG
Quand la base de connaissances devient volumineuse, Claude peut activer automatiquement le mode RAG, c’est-à-dire Retrieval Augmented Generation. Le principe est de ne pas charger tout le contenu en mémoire en permanence, mais de rechercher les passages les plus pertinents pour répondre à une demande donnée.
Cette logique permet d’élargir la capacité du Project sans obliger l’utilisateur à préciser manuellement quel fichier consulter. Lorsque le Project approche les limites de contexte, Claude récupère les éléments utiles dans les documents disponibles et les mobilise dans la réponse.
L’expérience reste similaire : il est toujours possible d’ajouter des fichiers, de discuter avec Claude et d’obtenir des réponses contextualisées. Un indicateur visuel signale simplement que le mode RAG est activé.
La création d’un Project
La création suit une logique progressive : nommer l’espace, le décrire, choisir sa visibilité, définir les instructions, puis ajouter les fichiers utiles.
Le point d’entrée indiqué est claude.ai/projects. Il est aussi possible de passer par la barre latérale, puis de cliquer sur “Projects” et “+ New Project”.
Le nom doit être descriptif : “Q4 Marketing Campaign” ou “Product Documentation” sont des exemples de noms qui indiquent clairement le périmètre. La description sert à clarifier l’objectif du Project pour l’utilisateur ou les coéquipiers, même si Claude ne la voit pas directement.
La visibilité dépend de l’usage : un Project peut rester privé ou être partagé avec l’organisation pour les utilisateurs Claude for Work. Après création, il est possible d’étoiler le Project pour y accéder plus vite, de modifier ses détails, de l’archiver ou de le supprimer.
Les usages adaptés aux Projects
Un Project convient à plusieurs catégories de travaux.
- Pour un lancement produit, il peut regrouper les spécifications, l’analyse concurrentielle et les notes de réflexion sur le messaging. Claude peut ensuite garder ce contexte présent pour les questions ou les brouillons liés au lancement.
- Pour un travail de recherche, il peut centraliser une revue concurrentielle, des données utilisateurs et des retours clients. Claude peut alors aider à synthétiser les sources, rédiger des rapports et maintenir la cohérence des recommandations.
- Pour un compte client, il peut réunir les guidelines de marque, les livrables passés et l’historique de communication. Les instructions peuvent imposer le ton du client et l’utilisation de son contexte spécifique dans les propositions ou rapports.
- Pour un événement, il peut intégrer les contrats de lieu, les biographies des intervenants et les données des participants. Claude peut produire des déroulés, des communications aux participants et des rapports post-événement cohérents avec le thème.
- Pour des descriptions de poste, il peut rassembler d’anciennes fiches de poste, des chartes d’équipe et des demandes d’effectifs afin de rédiger des annonces alignées sur le travail réel et la culture de l’équipe.
D’autres usages sont possibles : développement d’un produit comme une bouteille d’eau éco-responsable, création de contenus, conception d’un parcours éducatif, suivi de finances personnelles ou planification d’une rénovation de cuisine.
Le partage et les permissions
Les fonctions de collaboration concernent les utilisateurs Claude for Work, notamment les plans Team et Enterprise. Elles permettent à plusieurs personnes de travailler à partir du même contexte, des mêmes instructions et de la même base de connaissances.
Trois niveaux de permission structurent le partage :
- Can view : les membres peuvent voir le contenu du Project, accéder aux connaissances et discuter, mais ne peuvent pas modifier l’espace.
- Can edit : les membres peuvent modifier les instructions, mettre à jour la base de connaissances, gérer les membres et contribuer activement.
- Owner : le créateur contrôle l’ensemble du Project, y compris sa visibilité et son partage avec certaines personnes ou toute l’organisation.
Le partage peut se faire depuis le bouton “Share project”, à droite du nom du Project. Il est possible d’ajouter des membres par nom ou email, de coller une liste d’adresses pour un partage groupé, ou de rendre le Project visible à toute l’organisation dans l’onglet Team. Les personnes concernées reçoivent une notification par email et peuvent retrouver les Projects partagés dans “Shared with me”.
Mise en pratique
- Définir un périmètre précis
Commencer par un usage clair plutôt que par un espace généraliste. Un Project doit correspondre à un flux de travail identifiable : campagne, client, recherche, documentation, événement ou production récurrente. - Choisir un nom descriptif
Le nom doit permettre de comprendre rapidement le sujet. Un nom comme “Q4 Marketing Campaign” ou “Product Documentation” donne immédiatement le cadre du travail. - Ajouter une description utile
La description aide à clarifier l’objectif du Project pour l’utilisateur et les coéquipiers, même si elle n’est pas directement utilisée par Claude. - Écrire les instructions avant d’ajouter trop de contenu
Les instructions doivent préciser le contexte, le processus, le ton, le niveau attendu et les contraintes spécifiques. Elles évitent les réponses incohérentes ou trop variables d’une conversation à l’autre. - Construire une base de connaissances stable
Ajouter les fichiers destinés à être réutilisés : guides, modèles, rapports, notes, exemples, spécifications. Les fichiers ponctuels doivent rester dans une conversation s’ils ne doivent pas enrichir durablement le Project. - Nommer les fichiers de manière informative
PréférerQ4-2024-Brand-Guidelines.pdfàdocument1.pdf. Le nom du fichier doit aider Claude à comprendre son contenu et sa fonction. - Maintenir la base de fichiers à jour
Des documents obsolètes peuvent produire des réponses obsolètes. Les fichiers doivent être revus et remplacés lorsque le contexte change. - Référencer les fichiers par leur nom dans les demandes
Mentionner un document précis peut aider Claude à concentrer sa recherche. Exemple : “Based on our Q3 report, what were the top customer concerns?”
Ce qu’il faut retenir
Un Project est utile lorsqu’un travail exige de la continuité, de la cohérence et une base commune.
Il combine trois éléments décisifs :
- des instructions stables,
- des fichiers de référence
- et un espace de conversation séparé.
La méthode correcte consiste à partir d’un périmètre précis, créer un Project nommé clairement, définir les instructions, ajouter uniquement les fichiers durables, organiser la base de connaissances, puis ajuster l’espace au fil du travail.